Entrevue avec Émile Schneider

 

Cette semaine, nous discutons avec un jeune comédien au talent sans limites, notre Pierre Sauvageau, Émile Schneider.

 

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Question: Tu viens tout juste de voir Embrasse-moi comme tu m’aimes pour la première fois. Quelles sont tes impressions sur le film?

Émile Schneider: Remué! (rires) Très heureux d’avoir fait parti de cette équipe là. Ce projet là va rester bien enfoui dans mon coeur, à quelque part de super important. Je suis très heureux de revoir tout le monde, on ne s’est pas revu depuis un bout. Marc-André et Linda, je les adore. Je suis très fier et honoré de faire partie de ce film.

 

Q: Travailler avec Forcier, c’est comment?

Émile: Un vrai bordel! (rires) On s’entendait bien et nous avons eu la chance de développer une amitié pendant le processus. Il y a eu une année de processus avant de tourner le film, avec toutes les auditions et comme j’ai été l’un des premiers à obtenir un rôle dans le film. La brochette de comédiens est merveilleuse.

 

Q: C’est un film d’époque, mais le noyau du film est jeune.

Émile: Le noyau du film c’est le jumeau et la jumelle qui ont peut-être 20 ans. Tout gravite autour de cet amour là qui est indécrotable.

Photo Laurent Guérin

Photo Laurent Guérin

Q: En parlant des jumeaux qui ont une relation un peu particulière, quel angle as-tu pris pour interprété ce sujet tabou?

Émile: Je dirais que c’est vraiment plus la poésie derrière ça. Comme si c’était un être féminin et masculin divisé. Ces deux jumeaux là ne pourrait être qu’une seule personne qui a été divisé à la naissance. J’étais beaucoup plus intéressé par la dynamique du fantasme, du rêve et de tout ce qu’il y a avait autour. Je ne le voyais pas comme un film sur l’inceste, pas du tout. Quand je l’ai lu au début, ce n’est vraiment pas ce que j’ai senti. Pour moi, la scène qui ramasse vraiment, c’est la scène avec la famille St-Germain. Il ne faut pas trop dire de « punch », mais ça oui, ça traite du sujet. Le reste du film se passe dans un monde éthérique, c’est ailleurs. Parce que finalement, Pierre est avec ses fantasmes.

 

Q: Si tu avais une seule chose à dire à tes pairs qui ne connaissent pas le cinéma de Forcier, ce serait quoi?

Émile: Écoutez ses films et essayez de les trouver. Ils ne sont pas tous trouvables. Je souhaite de tout coeur que quelqu’un sorte un coffret pour que tout le monde puisse voir ses films. Ça fait parti de notre héritage. Il faut remuer un peu le cinéma réaliste qui a tué un peu une partie de notre imaginaire. Je dirais qu’il faut décoloniser l’imaginaire et lui fait parti de ceux qui décolonise notre imaginaire. Il ne faut pas tomber dans les pièges du réalisme où tout doit être construit. Il faut renverser les choses, on est là pour créer sans limites. La poésie centrale dans son oeuvre, je souhaite à tout le monde de la découvrir. Tu vas voir L’eau chaude, l’eau frette au cinéma aujourd’hui et tu exploses de rire. Tu ris tout le long et tu vis un sacré beau moment de cinéma. C’est un des plus beaux moments de cinéma que j’ai vécu quand je l’ai revu à la cinémathèque. C’est là que j’ai appelé André et que je lui ai dit : « Cr***e, faut vraiment que je joue dans un de tes films! »

Tombez sous le charme d’Émile Schneider dans Embrasse-moi comme tu m’aimes en salle partout au Québec cette semaine. La semaine prochaine, au tour de Rémy Girard et Denys Arcand de nous raconter leur expérience sur le tournage.